Le Ciblage · Appeler dans les règles

Prospection téléphonique 2026 : ce qui change vraiment en B2B.

Depuis le 11 août 2026, on lit partout que le démarchage téléphonique est interdit. Si tu vends à des entreprises, tu te demandes si tu peux encore appeler. Voici ce que disent les textes officiels au 21 octobre 2026 : un résumé, pas un conseil juridique.

La réponse courte

Non, pas en tant que tel. Depuis le 11 août 2026, la loi n° 2025-594 du 30 juin 2025 interdit d'appeler un consommateur sans son accord préalable, et Bloctel a disparu. Appeler un professionnel pour une offre liée à son métier reste possible : selon la CNIL, il faut alors l'informer et lui laisser un moyen simple de s'opposer.

Loi prospection téléphonique 2026 : ce qui a changé le 11 août.

Le point de départ est l'article 13 de la loi n° 2025-594 du 30 juin 2025, dite loi contre toutes les fraudes aux aides publiques. Il réécrit l'article L. 223-1 du Code de la consommation : il est interdit de démarcher par téléphone, directement ou par un tiers, un consommateur qui n'a pas donné son consentement au préalable.

Avant, c'était l'inverse : le consommateur s'inscrivait sur Bloctel pour ne plus être appelé. La DGCCRF le résume ainsi : on est passé d'un système de refus (opt-out) à un système d'accord (opt-in), et Bloctel a pris fin. Pour les appels vers les consommateurs, la DGCCRF et la CNIL retiennent :

  • Un accord actif. Libre, spécifique, éclairé, univoque et révocable. Selon la CNIL, une case pré-cochée ou des conditions générales acceptées ne suffisent pas.
  • Un an au plus. L'accord vaut un an au maximum et se retire à tout moment, même à l'oral.
  • Une preuve gardée au moins 3 ans. Date, heure, informations données : le consommateur peut demander à la voir.
  • Deux exceptions. Un contrat en cours, si l'appel a un rapport avec son objet, et la vente de journaux, périodiques ou magazines.
  • Trois secteurs fermés. Rénovation énergétique, adaptation du logement à la perte d'autonomie, compte personnel de formation : interdiction totale, sauf rappel dans les 5 jours ouvrables après une demande explicite.
  • Des créneaux. Du lundi au vendredi hors jours fériés, de 10 h à 13 h et de 14 h à 20 h, 4 appels ou tentatives au plus sur 30 jours.

Les modalités pratiques sont fixées par le décret n° 2026-662 du 23 juillet 2026, que cite la DGCCRF.

Démarchage téléphonique B2B : le professionnel n'est pas un consommateur.

Tout se joue sur un mot. L'article L. 223-1 vise le consommateur. Et l'article liminaire du Code de la consommation définit le consommateur comme une personne physique qui agit à des fins qui n'entrent pas dans le cadre de son activité commerciale, industrielle, artisanale, libérale ou agricole.

La directrice financière d'une PME que tu appelles pour un outil de trésorerie agit donc pour son entreprise : à ce moment-là, elle n'est pas une consommatrice, et l'accord préalable ne s'applique pas.

La CNIL le dit clairement dans sa fiche sur la prospection par téléphone, mise à jour pour la réforme : pour prospecter des particuliers, il faut d'abord leur consentement ; les professionnels, eux, peuvent s'y opposer. Dans les deux cas, ils doivent être informés.

La DGCCRF va dans le même sens : dans sa FAQ pour les professionnels, elle précise que l'encadrement des jours, horaires et fréquence ne vise pas les appels à destination des professionnels.

Qui tu appellesCe qui s'appliqueD'après
Un particulier, pour un achat personnelAccord préalable, créneaux horaires, 4 appels sur 30 jours au plusDGCCRF, CNIL
Un décideur, pour une offre liée à sa fonctionPas d'accord préalable : information et droit d'opposition simpleCNIL
Un artisan ou un indépendant, pour son activitéEn principe le régime B2B, si l'offre sert vraiment son métierArticle liminaire, CNIL
Le même artisan, pour sa vie privéeRégime du consommateur : accord préalableArticle liminaire

Prospection téléphonique interdite ? Les cas où la frontière est floue.

Le micro-entrepreneur. Les textes ne le traitent pas à part. D'après la définition du Code, tout dépend de la raison de l'appel : un logiciel de devis proposé à un plombier pour son activité, c'est du B2B. Une assurance pour sa voiture personnelle, il redevient consommateur.

Le numéro de portable. Le type de ligne ne décide de rien : ce sont la personne et l'objet de l'offre qui comptent. Appeler un mobile ne rend pas l'appel interdit, appeler un fixe de bureau ne le rend pas permis.

Le petit professionnel appelé hors de son métier. Le Code de la consommation protège déjà les professionnels de cinq salariés au plus qui achètent hors de leur activité principale, mais selon la DGCCRF pour les contrats signés hors établissement, pas pour les ventes par téléphone. Nous n'avons trouvé aucun texte officiel qui leur étende l'accord préalable téléphonique, ni qui les en exclue expressément.

Les secteurs à règles propres. Certaines activités ont un régime de démarchage qui vise aussi les entreprises. Le démarchage bancaire ou financier, par exemple, couvre selon le Code monétaire et financier toute prise de contact non sollicitée avec une personne physique ou une personne morale déterminée. Dans un secteur réglementé, vérifie ton régime propre.

En cas de doute

Si tu ne sais pas si la personne agit pour son métier ou pour elle-même, traite-la comme un consommateur : pas d'appel sans son accord. Pour un cas précis, demande l'avis d'un avocat ou d'un juriste : cette page n'est pas un conseil juridique.

Ce que tu dois toujours faire quand tu appelles un professionnel.

Pas d'accord préalable en B2B ne veut pas dire pas de règles. Le nom et le numéro de ton interlocuteur sont des données personnelles : le RGPD s'applique. Voici ce que demande la CNIL, en gestes concrets.

  1. / 01

    Un appel lié à sa fonction

    La CNIL admet la prospection des professionnels sur la base de l'intérêt légitime quand l'objet de l'appel est en rapport avec leur profession. Son exemple : présenter un logiciel au directeur informatique. Lui proposer une cuisine équipée, ce n'est plus du B2B.

  2. / 02

    Dire qui tu es et pourquoi tu appelles

    Selon la CNIL, chaque sollicitation doit permettre de connaître l'identité de l'organisation qui l'émet. Ton nom, ton entreprise et la raison de l'appel, dès le début.

  3. / 03

    Informer la personne

    Si son numéro vient d'ailleurs que d'elle (base d'entreprises, fichier acheté, site de sa société), dis-lui dès l'appel qui tu es, pourquoi tu l'appelles, d'où vient son numéro et quels sont ses droits. Le détail peut figurer dans ta politique de confidentialité, vers laquelle un email de suivi peut renvoyer.

  4. / 04

    Respecter le « non »

    La CNIL demande une opposition simple et gratuite. Si la personne refuse, tu ne la rappelles plus, et tu notes ce refus dans une liste dite « repoussoir » pour ne pas la réimporter avec un nouveau fichier.

  5. / 05

    Vérifier tes fichiers achetés

    Quand les données viennent d'un tiers, la CNIL demande de t'assurer que la personne a été informée de cette utilisation possible et peut s'y opposer. Pose la question à ton fournisseur, par écrit.

Pour l'email et LinkedIn, les règles sont proches mais pas identiques : on les détaille dans notre page sur le RGPD en prospection B2B.

La vraie conséquence : appeler moins de gens, mais les bons.

La loi ne t'interdit pas d'appeler des décideurs. Elle rend risqués deux réflexes : appeler large sans savoir qui décroche, et réutiliser un vieux fichier où particuliers et professionnels se mélangent.

Le téléphone reste pourtant un canal qui porte. Selon Belkins, agence américaine de prospection, sur ses propres campagnes de 2025, les appels à froid ont « connecté » 18,6 % des prospects joints, contre 5,04 % pour LinkedIn et 0,45 % pour l'email, et pèsent 33,6 % des rendez-vous obtenus. Ce sont les chiffres d'une agence sur ses clients, pas une moyenne du marché, et l'étude ne mesure pas les trois canaux de la même façon.

Exemple : un cabinet comptable qui vise les dirigeants de PME du bâtiment en Gironde. Plutôt que de dérouler un annuaire, il appelle chaque semaine une courte liste de dirigeants, chacun avec une raison claire. L'appel est professionnel, et l'interlocuteur comprend pourquoi c'est lui.

Pour l'appel lui-même, on t'a préparé une trame de script de prospection téléphonique B2B, avec des accroches et des réponses aux objections.

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Questions fréquentes

Ce qu'on nous demande aussi.

Bloctel existe-t-il encore en 2026 ?

Non. Selon la DGCCRF, la réforme entrée en application le 11 août 2026 a mis fin au dispositif Bloctel. Il n'y a plus de liste d'opposition à consulter : pour appeler un consommateur, il faut désormais son accord préalable.

Faut-il recueillir l'accord d'un professionnel avant de l'appeler ?

Non, pas pour une offre liée à sa fonction : la CNIL n'exige pas de consentement préalable en B2B. Tu dois en revanche l'informer et tenir compte de son refus.

Peut-on appeler le portable d'un dirigeant ?

Oui, si l'appel concerne sa fonction : le régime dépend de la personne et de l'objet de l'offre, pas du type de ligne. Reste strictement sur le terrain professionnel et arrête dès qu'il le demande.

Que risque une entreprise qui appelle un consommateur sans son accord ?

Selon la DGCCRF, jusqu'à 75 000 € d'amende par appel pour une personne physique et 375 000 € pour une personne morale, avec publication des amendes prononcées. L'abus de faiblesse par démarchage téléphonique est puni de 5 ans d'emprisonnement et de 500 000 € d'amende ou 10 % du chiffre d'affaires.

Sources
  1. DGCCRF, Les règles du démarchage téléphonique s'imposant aux entreprises (2026)
  2. DGCCRF, Encadrement des jours, horaires et fréquence du démarchage téléphonique : la FAQ pour les professionnels (2026)
  3. CNIL, Prospection commerciale par téléphone (hors automate d'appel) : quelles sont les règles ? (2026)
  4. Légifrance, Loi n° 2025-594 du 30 juin 2025 contre toutes les fraudes aux aides publiques
  5. Légifrance, Code de la consommation, article liminaire (définition du consommateur)
  6. DGCCRF, Petits professionnels : 14 jours pour se rétracter en cas de contrat conclu hors établissement (2025)
  7. Légifrance, Code monétaire et financier, article L. 341-1 (démarchage bancaire ou financier)
  8. Belkins, Sales follow-up statistics (2026, données de ses campagnes 2025)

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