Relancer un prospect qui ne répond pas, sans le harceler ni te répéter.
Tu as envoyé un bon premier mail. Rien. Tu hésites entre relancer, au risque d'agacer, et laisser filer un prospect qui n'a peut-être juste pas vu passer ton message. Voici ce que disent les chiffres, et comment écrire une relance qu'on a envie de lire.
Par Julia Levy, fondatrice de Boom Maker · Mis à jour le 21 octobre 2026 · 8 min de lecture
Le Pack8 min
La réponse courte
Oui, il faut relancer : selon Belkins, 58,6 % des réponses arrivent après le premier mail. Prévois trois à cinq messages espacés de quelques jours, passe sur LinkedIn après trois emails sans réponse, et apporte quelque chose de neuf à chaque relance. Arrête dès la première réponse négative ou demande de désinscription.
Ce que rapporte vraiment chaque relance.
Les données publiques viennent d'éditeurs d'outils de prospection : pas des moyennes officielles, et elles ne s'accordent pas sur la répartition. Mais toutes le montrent : sans relance, tu perds une grosse part des réponses.
Source (données)
Réponses au premier mail
Réponses aux relances
Belkins (7,5 millions d'emails, 2025)
41,4 %
58,6 % (étapes 2 à 6)
Instantly (sa plateforme, 2025)
58 %
42 %
Overloop (séquence type de 5 messages)
28 à 35 %
le reste, dont 8 à 12 % au message de fin
Les trois sources se contredisent sur la part exacte, et c'est normal : elles ne mesurent ni les mêmes campagnes ni les mêmes séquences. Selon la source, de 4 à 7 réponses sur 10 arrivent après le premier mail.
Selon Belkins, la troisième étape produit à elle seule 35,6 % des rendez-vous obtenus par email, plus que les deux premières réunies. S'arrêter après une seule relance, c'est laisser filer une partie des rendez-vous.
Combien de fois relancer un prospect, et quand ?
Là encore, les éditeurs ne donnent pas le même chiffre. Selon Belkins, le bon compromis pour la plupart des séquences B2B par email se situe entre 3 et 5 étapes. Instantly conseille 4 à 7 points de contact, espacés de 3 à 4 jours. Overloop décrit des séquences de 5 à 7 messages sur 14 à 21 jours.
Notre lecture : sur un même canal, trois ou quatre emails suffisent. Au-delà, tu insistes plus que tu n'apportes. Si tu veux continuer, change de canal plutôt que d'envoyer un cinquième email.
Pour le rythme, laisse quelques jours entre deux messages, puis espace un peu plus vers la fin : un prospect qui rentre de congés ne doit pas trouver trois mails de toi en cinq jours.
À retenir
Le bon nombre de relances, c'est le nombre de choses utiles que tu as à dire. Quand tu n'as plus rien de neuf, envoie le message de fin.
Séquence de prospection : changer de canal, l'email puis LinkedIn.
Belkins le conseille explicitement : si trois emails restent sans réponse, n'envoie pas tout de suite un quatrième email, envoie plutôt une invitation LinkedIn. Ton prospect découvre ton visage et ton parcours.
Le multicanal paie aussi selon Overloop, qui dit avoir analysé 200 campagnes Sortlist : 3,8 % de réponses avec l'email seul, 6,1 % avec l'email et LinkedIn, 8,4 % en ajoutant le téléphone. Ce sont des chiffres d'éditeur, sans méthode détaillée, mais la tendance est nette.
Sur LinkedIn, pas de discours commercial dans la note d'invitation : pas de note, ou une phrase qui fait le lien avec ton mail. Une fois l'invitation acceptée, un message court et parlé, pas un copier-coller du mail.
Voici un exemple de séquence sur trois semaines, pas le calendrier exact du Pack : les jours sont indicatifs.
Jour
Canal
Message
Jour 1
Email
Premier mail : un fait sur la personne, une hypothèse, une demande légère.
Jour 3
LinkedIn
Invitation, sans note ou avec une phrase qui fait le lien.
Jour 5
Email
Relance 1 : un autre angle, en deux ou trois phrases.
Jour 8
LinkedIn
Si l'invitation est acceptée : un message court, pas une copie du mail.
Jour 12
Email
Relance 2 : une ressource utile (un exemple, une checklist).
Jour 15
LinkedIn
Un second message, seulement s'il y a quelque chose de neuf à dire.
Jour 19
Email
Message de fin, poli, qui laisse la porte ouverte.
Mail de relance prospection : apporter quelque chose de neuf.
« Je me permets de vous relancer », « je reviens vers vous suite à mon précédent mail », « avez-vous eu le temps de lire mon message ? » : ces phrases n'apportent rien, et la dernière sonne comme un reproche. Chaque relance doit donner une nouvelle raison de répondre :
Un autre angle. Le premier mail parlait de temps gagné ? La relance parle du risque évité.
Une ressource. Un exemple, une checklist, une capture d'écran : quelque chose d'utile même s'il ne t'achète rien.
Un fait nouveau. Une actualité de son entreprise ou de son secteur, survenue depuis ton premier message.
Une demande plus simple. Si tu proposais un rendez-vous, demande seulement si le sujet est d'actualité, ou qui s'en occupe.
Relance 1, un autre angle (tu). Objet : « Re: Le lancement de ta gamme solaire ». « Bonjour Lucas, un autre angle, plus court : sur les boutiques qu'on accompagne, la première chose qu'on regarde, ce sont les photos produit, souvent bien plus lourdes que nécessaire. Si tu veux, je te dis en deux lignes ce que ça donne sur ta page solaire. Camille »
Pourquoi ça marche : pas de « je me permets », la relance apporte directement du concret. Répondre dans le même fil rappelle le premier mail sans le répéter.
Relance 2, une ressource (vous). Objet : « Re: Votre agence de Valence ». « Bonjour Monsieur Martin, voici les trois colonnes du tableau de suivi de marge dont je vous parlais : montant facturé, coûts engagés, reste à faire. C'est souvent suffisant pour repérer un chantier qui dérive. Si vous voulez la version complète, répondez simplement « oui ». Sophie »
Pourquoi ça marche : elle donne avant de demander : même sans répondre, M. Martin repart avec une idée utile. Et le contenu est dans le mail, pas en pièce jointe.
Message LinkedIn après une invitation acceptée (vous). « Merci d'avoir accepté, Madame Leroy. Je vous avais écrit au sujet de l'intégration des chefs d'équipe. Si c'est vous qui préparez le plan de formation 2027, je peux vous envoyer le programme ici. Sinon, aucun souci. Karim »
Pourquoi ça marche : court, parlé, il ne recopie pas le mail et ne reproche pas le silence.
Le message de fin, et quand s'arrêter.
Le dernier message ne culpabilise pas le prospect et ne claque pas la porte : il l'ouvre pour plus tard. D'après Overloop, il pèse encore 8 à 12 % des réponses d'une séquence type. Et un « pas maintenant, recontactez-moi en janvier » vaut bien mieux qu'un silence.
Exemple fictif (vous). Objet : « Plannings, mon dernier message ». « Bonjour Monsieur Benali, pour ne pas encombrer votre boîte, c'est mon dernier message sur le sujet. Si les remplacements reviennent sur la table un jour, il suffit de répondre à ce mail, même dans six mois. Bonne continuation dans la Drôme. Julien »
Et à tout moment, certaines réponses doivent arrêter la séquence net :
Une réponse négative. « Pas intéressé », « non merci » : remercie en une phrase, et arrête. Insister transforme un non poli en mauvais souvenir.
Une demande de désinscription. Retire la personne de tes envois, tout de suite et sur tous les canaux. Ce que disent les textes sur ce droit d'opposition est détaillé dans la prospection B2B et le RGPD.
Un « pas maintenant ». Ce n'est pas un non. Note la date qu'il te donne, arrête, et reviens à ce moment-là avec un message neuf.
Un oui, même timide. Réponds vite, et toi-même : la suite se joue dans la conversation, plus dans la séquence.
Ce que fait Boom Maker
La séquence du Pack : email et LinkedIn, sur environ trois semaines.
Tenir une séquence propre pour 50 personnes par semaine, c'est suivre qui a reçu quoi, sur quel canal, qui a accepté l'invitation, qui s'est désinscrit. À la main, des relances sautent ou partent en double.
Avec le Pack, chaque personne reçoit une séquence multicanale : selon ce qu'on a pour la joindre (email, LinkedIn ou les deux), 3 ou 4 messages par canal sur environ trois semaines, emails et messages LinkedIn entrelacés. Un message LinkedIn ne part que si l'invitation a été acceptée, et un lien de désinscription accompagne les emails à partir du deuxième.
Chaque relance est écrite avec tes mots, avec les mêmes règles que le premier message : un seul but, des hypothèses plutôt que des affirmations, aucune question intrusive. Toi, tu réponds aux réponses, et tu suis tout dans ton espace.
3 ou 4 messages par canal, sur environ trois semaines, depuis ton email et ton LinkedIn.
Un message LinkedIn seulement si l'invitation est acceptée.
Un lien de désinscription dans les emails, à partir du deuxième.
50 personnes par semaine, contactées progressivement ; 390 € HT par mois, sans engagement.
Le prospect te connaît déjà. Relance quelques jours après avec une question utile sur le devis (un point à préciser, une option à ajuster) plutôt qu'un « avez-vous pu le lire ? ». Si rien ne vient, demande franchement si le projet est toujours d'actualité.
Faut-il garder le même objet pour un mail de relance ?+
Répondre dans le même fil, avec « Re: », permet au prospect de retrouver ton premier message juste en dessous. Change d'objet seulement si tu changes vraiment de sujet, ou si le fil date de plusieurs mois.
Le prospect a ouvert mon mail sans répondre : faut-il le relancer plus vite ?+
Ne te fie pas aux ouvertures : certaines messageries chargent les images automatiquement, ce qui compte de fausses ouvertures. Relance selon ton calendrier prévu, et ne dis jamais au prospect que tu as vu qu'il avait ouvert ton mail.
Que répondre à un prospect qui dit « envoyez-moi de la documentation » ?+
C'est parfois une façon polie de clore l'échange, parfois un vrai intérêt. Envoie quelque chose de court et ciblé plutôt qu'une plaquette complète, avec une seule question pour savoir ce qui l'intéresse le plus.
Peut-on recontacter un prospect qui n'a pas répondu il y a six mois ?+
Oui, si tu as quelque chose de neuf à lui dire : une nouvelle offre, un changement chez lui, une actualité de son secteur. Écris un nouveau premier message, sans revenir sur le silence passé. Ne recontacte jamais quelqu'un qui t'a demandé de ne plus lui écrire.